Les vikings voguaient sur leurs drakkars à la proue menaçante… Pas tout à fait

Le mot drakkar provenant de dreki (dragon, pluriel drekar) n’a jamais été le nom d’un bateau viking. C’est un terme qui est apparu dans un ouvrage nommé Archéologie navale en 1840. Il se pourrait que cette association au dragon provienne des figures de proues (dragon, serpent ou autre animal) utilisées régulièrement et souvent amovibles. Elles étaient placées sur les bateaux avant d’accoster et servaient essentiellement à effrayer les « esprits des lieux ». Par extension, elles semblent avoir également suscité la peur également chez les cibles de leurs attaques.

Dans les faits, les bateaux ont bien d’autres noms en fonction de leur taille et de leur usage. Dans la catégorie des langskip (littéralement long bateau) ou herskip (navire de guerre), on trouve notamment le skeið et le snekkja, deux bateaux essentiellement dédiés à la guerre. Les bateaux de guerre sont généralement pontés et destinés à être maniés tant à la voile qu’à la rame par un nombre de rameurs importants. Ils ont un faible tirant d’eau et sont destinés à la vitesse, ces caractéristiques leur permettent d’être parfaits pour l’attaque et d’être également adapté pour remonter les rivières. En revanche, ils ne sont pas adaptés au transport de marchandises.

Du côté des kaupskip (bateau marchand), le plus courant est le kenar, ou knörr/knarr, mais on trouve également le byrðingr (navire de charge). Le kenar est généralement plus court et ventru que les navires de guerre et un plus grand tirant d’eau. Il est adapté au transport des marchandises et à la haute mer et c’est probablement en voguant sur ce type de bateau que les vikings sont parvenus à faire leurs plus longues traversées de l’Atlantique.

Quel que soit son type, le bateau viking dispose généralement d’un mat central supportant une voile rectangulaire faite de lin ou de laine.

Les bateaux maniables dont disposent les vikings sont responsables d’une part de leur succès. Ils peuvent débarquer et repartir rapidement à des endroits peu accessibles à d’autres bateaux, remonter les rivières… Certaines sagas font même le récit de voyages fluviaux lors desquels l’équipage d’un bateau l’ont transporté à pied sur certaines portions de terrain.

La plupart des routes de navigation viking leur permettent de faire du cabotage. Leurs bateaux au faible tirant d’eau permettent de remonter les rivières grâce à leur fond plat, mais sont peu propices au transport de marchandises lourdes par leur absence de pont. Les mêmes bateaux leur ont permis de faire de spectaculaires voyages en haute mer également mais ces voyages-là requéraient toutefois une certaine audace. Quiconque aura vu ou mis les pieds sur un bateau du type de ceux qui ont sans doute été utilisés pour les traversées (on vous recommande le musée de Roskilde au Danemark) pourra en attester.

Ce que l’on sait aujourd’hui de leurs bateaux provient de plusieurs sources dont les restes de bateaux, parfois presque intacts, retrouvé ensevelis dans la tombe de personnes importantes (trois superbes bateaux peuvent être admirés au Vikingskipshuset d’Oslo) et l’artisanat  naval encore en vigueur dans les Iles Feröe. On se réjouit aussi de savoir qu’un nouveau bateau de taille conséquente vient d’être découvert parmi les tumulus du parc national de Borre, au sud-ouest de la Norvège.

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